Quartieri di Roma

Rome au-delà des ruines : trois quartiers à explorer à pied en été

Un guide pratique pour découvrir le Quartiere Coppedè, la Garbatella et Testaccio à pied, loin de la foule et de la chaleur étouffante du milieu de journée.

Rome au-delà des ruines : trois quartiers à explorer à pied en été

En juin, il fait chaud à Rome. Quiconque prétend le contraire n'a jamais marché sur l'asphalte de la via dei Fori Imperiali à deux heures de l'après-midi, quand l'air tremble et qu'on a l'impression de respirer du sable. Durant ces journées d'été, le secret pour survivre et profiter de la ville est de ralentir le rythme. Oubliez les courses sous le soleil pour voir une énième ruine et cherchez plutôt l'ombre, le calme, les quartiers où vivent vraiment les Romains ou ceux où l'architecture prend des chemins de traverse inattendus.

La bizarrerie de pierre du Quartiere Coppedè

En partant de la Piazza Buenos Aires, vous vous retrouverez à quelques pas d'une expérience architecturale insolite. Ici, pas de ruines romaines ni de grandes églises baroques. Vous découvrirez à la place un ensemble d'immeubles conçus par l'architecte Gino Coppedè entre 1915 et 1927. Ce n'est pas un quartier immense, il compte environ quarante bâtiments répartis autour de la Piazza Mincio, mais l'effet ressemble à une étrange hallucination visuelle.

L'entrée principale se fait sous une grande arche reliant deux palais, d'où pend un lustre en fer forgé tout droit sorti d'un château médiéval. Dès l'arche franchie, on remarque immédiatement la Fontana delle Rane au centre de la place. Elle est célèbre car, en 1965, les Beatles s'y sont jetés tout habillés après un concert au Piper Club voisin, situé via Tagliamento.

Ce lieu possède une réputation singulière. Beaucoup l'associent à des histoires d'occultisme et de mystères. Si ce côté sombre vous intéresse, vous pouvez suivre cet itinéraire insolite entre histoires et légendes, qui décrypte les façades asymétriques de ces habitations. Les bâtiments sont ornés de tourelles, de frises médiévales, de dragons, d'armoiries et d'une grande araignée sur la façade de la Palazzina del Ragno. C'est un mélange de styles, du gothique au baroque en passant par l'art nouveau, que l'architecte a assemblés sans retenue.

Si vous venez en été, particulièrement en juin, vous pourriez tomber sur des concerts en plein air ou des visites guidées spéciales. C'est à cette période que se déroulent les événements estivaux pour le centenaire du quartier, l'occasion d'écouter de la musique classique au milieu de ces façades excentriques quand le soleil se couche et que la pierre se rafraîchit. Pour planifier votre balade, je vous conseille un itinéraire au départ de Piazza Buenos Aires qui s'enfonce dans les rues calmes du quartier Trieste. Évitez le milieu de la journée, non pas à cause de la foule (cet endroit reste assez paisible par rapport au centre historique), mais parce que le soleil de plomb écrase les reliefs sculptés dans la pierre. Le meilleur moment reste la fin d'après-midi, vers dix-huit heures, quand la lumière devient rasante.

Garbatella et les lotti populaires des années vingt

À l'autre bout de la ville, vous pouvez rejoindre le quartier historique de la Garbatella pour découvrir une expérience urbaine totalement différente, née à la même époque. Si le Quartiere Coppedè était conçu pour la haute bourgeoisie romaine, la Garbatella est née comme un quartier ouvrier destiné aux travailleurs du port fluvial voisin sur le Tibre, projet qui ne vit finalement jamais le jour.

Ici, l'architecture s'inspire du modèle anglais des cités-jardins. Les bâtiments ne sont pas de grands immeubles collectifs, mais de petits pavillons bas, appelés lotti, entourés de cours intérieures, de potagers et de jardins partagés. Se promener à la Garbatella en juin, c'est respirer l'odeur du linge qui sèche, entendre le bruit de la vaisselle par les fenêtres ouvertes et capter les voix des habitants qui discutent sur des bancs à l'ombre des cours.

Les points de repère à chercher à pied sont la Piazza Benedetto Brin, où fut posée la première pierre du quartier en 1920, et les lotti historiques comme le Lotto 24, avec ses escaliers extérieurs et ses jardins intérieurs qui ressemblent aux ruelles d'un village de province. Ne cherchez pas de monuments imposants. La beauté réside ici dans la dimension humaine des constructions, dans les murs ocre écaillés par le temps et dans les câpriers sauvages qui poussent entre les briques.

Pour le déjeuner ou le dîner, évitez les adresses trop touristiques de l'avenue principale. Cherchez plutôt les trattorias historiques au cœur des lotti, où l'on sert des plats simples comme la cacio e pepe ou l'amatriciana sans chichis. Les prix sont honnêtes et conformes aux tarifs des trattorias traditionnelles du secteur. Si vous avez des questions sur les transports ou les règles pour vous déplacer entre ces quartiers, je vous renvoie aux informations officielles disponibles sur le portail de la ville de Rome.

Testaccio et le caractère industriel de la classe ouvrière

À courte distance de la Garbatella, seulement séparé par la voie ferrée et une marche de vingt minutes, se trouve Testaccio. C'est le quartier ouvrier par excellence, qui s'est développé autour de l'ancien abattoir municipal désaffecté à la fin des années soixante-dix.

L'élément plus insolite du quartier est le Monte dei Cocci, une colline artificielle d'environ trente-cinque mètres de haut, entièrement constituée de millions de fragments d'amphores romaines. Ces amphores servaient à transporter l'huile d'olive arrivant au port fluvial sur le Tibre. Une fois vidées, elles étaient brisées et empilées méthodiquement. Aujourd'hui, on peut admirer cette colline en se promenant le long de la via di Monte Testaccio.

Au pied de la colline, les anciennes cavités creusées dans le tuf et les débris d'amphores sont devenues au fil du temps des ateliers, des pubs et des restaurants. Testaccio est le berceau de la cuisine romaine moderne, celle qui fait la part belle aux abats. Si vous voulez goûter aux vraies tripes à la romaine, à la pajata ou alla coda alla vaccinara, c'est ici qu'il faut aller.

Un bon point de départ pour explorer le quartier est le Mercato di Testaccio, situé via Aldo Manuzio. Pour connaître les horaires d'ouverture à jour, nous vous conseillons de consulter le portail de la ville de Rome. Vous y trouverez des étals de fruits et légumes traditionnels côtoyant des stands modernes qui préparent de la street food de grande qualité, comme les sandwichs à l'allesso de scottona ou les boulettes de viande bouillie. C'est une halte idéale pour un déjeuner rapide et économique avant que la chaleur de l'après-midi ne vous pousse à vous mettre au frais.

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